BADJIOU Aouia a soutenu sa thèse de Doctorat unique en Anglais sur le thème: «From Darkness to light: the slow Slow Rise of Black Women in the Black Struggle for Equality, 1950-2013». C’était le lundi 14 octobre 2024 à l’Université Joseph KI ZERBO à Ouagadougou. À l’issue de la présentation de son document, le jury l’a déclaré admis au grade de Docteur avec la mention « Très honorable ».

«De l’ombre à la lumière: la lente ascension des Afro-américaines dans le mouvement des droits civiques, 1950-2013», c’est par ces termes que l’on peut traduire en français, le thème en anglais «From Darkness to light: the Slow Rise of Black Women in the Black Struggle for Equality, 1950-2013» du candidat BADJIOU Aouia qui a soutenu pour son diplôme de doctorat unique en Anglais, ce 14 octobre 2024 à l’Université Joseph KI ZERBO à Ouagadougou.
Par ce thème, le candidat a voulu montrer le rôle ou la contribution non moins important des femmes Afro-américaines pour le succès de ce mouvement des années 1950 à 2013.
Selon lui, quand on étudie le mouvement des droits civiques, on remarque que l’accent est plus mis sur les hommes comme Martin Luther King, Malcolm X. «Rarement, mention n’est faite sur le rôle des femmes», précise le candidat. Ses travaux de recherche l’ont donc permis de mettre ces femmes-là en lumière, selon le rôle qu’elles ont joué dans ce mouvement. «Que ce soit leur rôle dans la mobilisation, leur rôle dans la levée des fonds, leur rôle dans la conciliation des différents leaders masculins de la période et leur rôle de consolidation des liens des différentes organisations des droits civiques présentes aux États Unis, ses femmes ont été très déterminantes dans cette lutte», fait noter BADJIOU Aouia.

Pour le candidat, le choix de ce thème n’est pas fortuite en ce sens qu’il est interpelateur même pour nos pays. Selon lui, en tant que pays ou association ou mouvement, les gens doivent travailler à mettre l’accent sur l’inclusion. «Souvent quand nous travaillons en mettant l’accent sur une catégorie de personnes seulement, ce n’est pas juste et intéressant », a dit Aouia. Et ces mouvements-là étaient considérés comme des mouvements de gauche, fait remarquer Aouia. C’est pourquoi, selon lui, le Burkina Faso étant par exemple dans un élan patriotique, les femmes peuvent aussi travailler à mettre en avant leur pays, comparativement aux afro-américaines qui mettaient en avant leur race.
Après avoir donc présenté son document de 398 pages subdivisé en 6 chapitres, un travail qui l’a pris deux ans et six mois, le jury, composé de six membres, a fait ses observations et posé des questions. Le jury a aussi demander au candidat de faire un petit résumé de son travail en langue kasem. Une demande qui a été exécuté avec brio par le candidat. C’est donc à l’issue de tout ça que le jury l’a déclaré digne de Docteur avec la mention « Très honorable » avec félicitations.

Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Durant ces années de recherches et d’insomnies, les difficultés n’ont pas manqué. C’est pourquoi Dr BADJIOU Aouia a fait noter que l’une des difficultéses rencontrées au cours de ses travaux de recherche était la barrière linguistique et la distance géographique. «L’ideal aurait été pour moi de voyager aux Etats Unis pour interviewer les femmes de ce mouvement qui sont toujours en vie», a-t-il dit. Mais pour cette difficulté, il dit avoir pu palier à ça avec les interviews des sociétés historiques. L’autre difficulté, à en croire l’ex doctorant, était liée aux déplacements répétés, au moins cinq fois, à Lomé au Togo pour pouvoir rencontrer son co-directeur de thèse. La majeur dans tout ça, pour lui, était une difficulté personnelle. «Se convaincre d’abord qu’on peut faire le travail, les études doctorales étant vraiment un sacrifice et il faut être prêt à endurer ces moments-là, était la plus grande des difficultés», se souvient-il.
Aujourd’hui, c’est donc un sentiment de grâce et d’humilité que Docteur BADJIOU Aouia éprouve après l’obtention de son titre de Docteur. «C’est aussi un sentiment de joie car on peut dire enfin on a vu le beau, on a vu le bout du tunnel», ce réjouit le nouveau Docteur. Avant de remercier les parents, les frères, les encadreurs et tous ceux qui ont pu contribuer d’une manière ou d’une autre à cette réussite, Dr BADJIOU a dédié d’abord son titre de Docteur à son épouse et ensuite à ses amis et collaborateurs qui sont venus le soutenir. Pour lui, son épouse le comprenait malgré ses longs moments d’absence. «Avec toutes les remises en cause qu’on a, si à la maison on a pas de stabilité, je ne crois pas qu’on pouvait arriver là», témoigne-t-il.

Pour finir, Dr BADJIOU encourage ses jeunes frères à ne jamais baisser les bras car, dit-il, ils peuvent tous y arriver. «Il suffit de le vouloir. Pas le vouloir avec la bouche mais le vouloir avec le travail. Se mettre au sérieux pour travailler. Nous avions rien comme avantages. Et comme quelqu’un le disait, la vie nous menait déjà peut-être 4-0 au début. Et je crois qu’aujourd’hui, si nous on est arrivé, c’est que tout le monde peut arriver », a-t-il conclu.
Par Abatidan Casimir Nassara