Débuté le 29 avril dernier, les rideaux de la première édition du festival Tiébélé Guigana sont tombés ce 1er mai 2021 sur le terrain de l’école centre de Tiébélé. Plusieurs activités ont marqué ces trois jours avec du contenu varié et diversifié. Ce fut un rendez-vous qui a permis aux fils et filles de la commune de Tiébélé et leurs amis de se retrouver pour vivre des moments exceptionnels.

Une rue marchande et d’exposition de produits et mets locaux, des compétitions de tirs à l’arc, d’art culinaire et de lutte traditionnelle, une formation d’artistes en droit d’auteur, des prestations d’artistes musiciens et de troupes traditionnelles, voilà, entre autres, les activités qui ont marqué les 72 heures de la première édition du festival Tiébélé Guigana qui s’est déroulé du 29 avril au 1er mai 2021 dans la commune de Tiébélé, la cité des milles et une collines.

Renouer la jeune génération avec la culture et la tradition, c’est tout le sens que le promoteur, Abraham Ouèssena ABASSAGUE, a voulu donner à ce festival. D’ailleurs c’est ce qui justifie le thème de la présente édition intitulé « Notre culture, notre future ». « La jeunesse est perte de vitesse de nos valeurs culturelles et il est nécessaire, si nous voulons vivre en harmonie de renouer avec ces valeurs qui nous donnent du sens », a laissé entendre Abraham Ouèssena ABASSAGUE qui est par ailleurs président de l’association Zeni-titi, structure organisatrice du festival.

C’est ce qui justifie, selon lui, les différentes compétitions et sensibilisations initiées à cet effet. En plus des adultes, plus d’une dizaine de jeunes enfants, garçons et filles, ont pris part aux compétitions de tirs à l’arc, de lutte traditionnelle et d’art culinaire. Une quarantaine d’artistes, toute catégorie confondue a pris part également à une formation sur le droit d’auteur, initiée par le Bureau Burkinabè de droit d’auteur (BBDA), partenaire de l’événement.

Les soirées du festival ont connu des prestations époustouflantes d’artistes, essentiellement du Nahouri, qui ont donné la joie de vivre à plusieurs milliers de festivaliers venus des quatre coins de la commune et d’ailleurs.

Ce furent des moments qui ont permis aux festivaliers de défier ce temps de canicule où l’envie de dormir tôt la nuit n’est pas la chose la mieux partagée. La présente édition a été parrainée par Esaïe B. Tagnabou, un mécène connu par tous pour son implication dans divers événements culturels, sportifs, sociaux, etc., dans le Nahouri et au-delà. Il n’a pas voulu se faire conter l’événement. Pendant les trois jours, le parrain s’est frotté aux festivaliers et n’a pas hésité des fois à communier autour d’un repas avec les artistes invités et le comité d’organisation. Il a justifié son accompagnement au festival par le fait que « personne ne viendra d’ailleurs pour promouvoir notre culture à notre place. ». Pour lui, c’est un devoir qui appelle tous et n’hésitera pas à soutenir des initiatives pareilles qui permettent à la culture et à la jeunesse de s’exprimer.

Le festival a été aussi une belle occasion pour le comité d’organisation de rendre hommage à des hommes de culture et pas les moindres qui ont travaillé à pérenniser et promouvoir la culture Kassena-nankana. Il s’agit de Tintana Kayè, trésor vivant en matière de peinture murale traditionnelle kassena, de Ludovic Kibora, anthropologue, de Mahamoudou Ouédraogo ancien ministre de la Culture des Arts et du tourisme et de Lassina Simporé ancien secrétaire de ce ministère.

En attendant de tirer un bilan des festivités, le promoteur Abraham Ouèssena ABASSAGUE s’est dit déjà satisfait de la tenu de ce premier rendez-vous. Car selon lui, « Il faut toujours essayer, au lieu de refuser de prendre des initiatives parce que c’est difficile ». Plusieurs festivaliers ont aussi salué la tenu de ce festival qui les rappelle le «festival de la culture et des arts de Tiébélé », FESCAT, organisé à l’époque par l’ADT. Rendez-vous est donné en 2022 pour une éventuelle deuxième édition.

Par Abatidan Casimir NASSARA