L’équipe de Nitidæ a organisé une visite terrain avec autorités provinciales du Nahouri pour les faire constater les réalisations faites dans le cadre du projet WAKANDA, financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par le consortium NITIDÆ, NATURAMA et CERDE, dans la zone PONASI. C’était le 25 novembre 2025.

Du village de Bétaré et Boly dans la commune de Guiaro à Bourou en passant par Tiakani, dans la commune de Pô, l’équipe du projet WAKANDA, conduite par Nitidæ, accompagnée du Haut-commissaire de la province du Nahouri et les services déconcentrés de l’État ont visité les sites de productions maraîchères dans la zone de PONASI. Il est 9 h presque, quand l’équipe de la visite terrain quitte le Haut-commissariat pour mettre le cap sur Bétaré avec le Haut-commissaire, Sie Aristide Mohamed Kam, en tête. La route est éclairée par les FDS. Dans le convoi, se trouvent les services provinciaux de l’agriculture, l’environnement, les membres des délégations spéciales des communes de Pô et Guiaro, les acteurs du projet WAKANDA et les journalistes. Sur place à Bétaré, c’est un terrain aménagé d’un hectare équipé de deux forages de neuf m3, deux châteaux d’eau de 10m3 et huit bassins de collectes d’eau, qui est visité. Dans cet aire maraîchère, travaillent trente (30) femmes et trois (03) hommes qui ont bénéficié d’une formation et d’une dotation en matériel agricole, composé de brouettes, pelles dabas, pioches, etc.

Créé en octobre 2020, les occupants du site maraîcher de Bétaré ont bénéficié d’un appuie technique pendant deux ans, selon le représentant pays du projet, Koffi. Selon lui, ces derniers y produisent, deux fois par an, en moyenne et les spéculations produites sur ce terrain d’un hectare sont le chou, l’oignon, la tomate, les aubergines, et les légumes feuilles. À en croire le premier responsable du projet, les femmes gagnent un revenu annuel de 5 millions de CFA. «Aujourd’hui, le site est autonome en terme de mobilisation des fonds pour l’achat des intrants et en terme de commercialisation. Le projet tirant donc à sa fin (mars 2026) nous avons mis en place une stratégie de durabilité par laquelle on a instauré des frais de redevan une ce », explique Alexandre, l’agent superviseur des producteurs. De l’avis de M. Koffi, le site de Bétaré est l’une de leur fierté, en ce sens qu’il y a «certaines discipline et une certaine implication dans sa gestion» . A l’en croire, cette implication à différentes échelles, coutumiers et administration, permet d’avoir de bons résultats.

En plus du site maraîcher, le village de Bétaré a bénéficié de la part du projet WAKANDA, un centre de traitement pour la production du beurre de karité, un Centre populaire de loisirs communément appelé CPL et des foyers améliorés. La secrétaire de la coopérative a fait noter que le jardin leur aide énormément. «Aujourd’hui, nous sommes très fières de pouvoir contribuer aux besoins familiaux. Nous pouvons aussi soutenir la scolarité de nos enfants et prendre en charge certaines ordonnances médicales. Dans nos ménages, la sauce est bonne et nos maris nous aiment pour ça. Nous demandons donc que le projet puisse faire l’extension de notre superficie afin que les autres femmes qui sont à la maison puissent nous rejoindre aussi », s’est réjoui la secrétaire de la coopérative.

Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Sur le terrain, des difficultés, il en existe. Les maladies des plantes liées à l’araignée rouge, la difficulté de production des légumes feuilles pendant la saison sèche et chaude et l’entretien et la réparation des pannes après le projet, sont entre autres, les questions soulevées lors de la visite. Et M. Koffi se veut rassurant. Lui et son équipe ont proposé la rotation et l’association des cultures et l’instauration des frais de redevances pour pallier à cela. Sie Aristide Mohamed Kam, Haut-commissaire de la province du Nahouri, lui a proposé qu’il y ait un UAT sur place pour accompagner les productrices. « S’il y a un UAT qui puisse les accompagner et suivre les femmes de près, ça sera bien. Surtout l’aspect organisationnel», a proposé la première autorité provinciale qui est aussi revenu sur la proposition de l’extension du site. Il donc insisté qu’il y ait un transfert vers les agents de l’agriculture qui sont dans la province afin de renforcer les capacités des producteurs. Sur place, la directrice provinciale de l’agriculture du Nahouri a invité les bénéficiaires à prendre part à une formation qui devrait avoir lieu le lendemain à Pô sur la fabrication des intrants naturels. Une proposition très bien accueillie par Nitidæ qui s’est engagé à prendre en charge la participation de deux personnes par site.

Après Bétaré, le cap est mis sur les villages de Boli, Tiakani et Bourrou où des aménagements, grillagés de 1 hectare, ont été faits avec le même équipement en matériel et approximativement le même nombre d’occupants, excepté Bourou qui a bénéficié d’un site d’un hectare et demi. Sur ces sites, presque les mêmes spéculations sont produites. Seul Bourou a fait la différence en mettant l’accent sur la production du piment bien prisé par les acheteurs ghanéens. Contrairement à Bétaré et Bourou, les difficultés dans les villages de Boli et Tiakani sont liées respectivement à une insuffisance d’eau sur le site «malgré la réalisations de deux forages en 2022» et à un problème de mobilisation et d’engagement des populations. En plus de la réalisation de ses aménagements maraîchers, chaque village a bénéficié de la construction d’un Centre populaire de loisirs (CPL) dans le cadre du projet.

Après une journée marathon, l’équipe regagne Pô, à la tombée du soleil, avec la joie d’avoir touché du doigt les réalités du projet WAKANDA sur le terrain.
Le projet de Gestion participative du développement durable en périphérie des aires protégées du paysage PONASI dénommé « Wakanda » vise à promouvoir la conservation durable des ressources naturelles du Complexe PONASI (Parcs de Po, Nazinga et Sissili) tout en soutenant les activités génératrices de revenus pour les communautés locales. C’est dans cette optique que plusieurs sites maraîchers ont été aménagés au profit des villages riverains, afin d’améliorer la sécurité alimentaire, les revenus et la résilience économique des ménages, tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles du complexe. Financé par l’UE et mis en œuvre par le consortium Nitidæ, Naturama et CERDE pour une durée de 5 ans 6mois, le projet prend fin en mars 2026. Cette visite terrain organisée à été donc l’occasion d’impliquer les autorités provinciales, communales et coutumières, ainsi que les services techniques déconcentrés pour une gestion durable du projet.

Par Abatidan Casimir Nassara

