L’année 2025 a été aussi marquée par des innovations dans le domaine de la santé dans le monde. C’est le cas de cette burkinabè, originaire du village de Tiébélé dans la province du Nahouri, qui a inventé un vêtement pour les personnes malades portant des pompes à insuline. Elisabeth K. Ouélé, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est une burkinabè vivant en Autriche depuis 26 ans. Nahourinews est allé à sa rencontre.

Née en 1972 à Tiébélé, la cité aux milles couleurs, Elisabeth K. Ouélé commence ses études primaires dans le même village et le secondaire au CEG de Pô, avant de débarquer à Ouagadougou pour la suite de son cursus scolaire. En 2000, elle s’envole pour l’Autriche où elle séjourne depuis maintenant vingt six ans.
Là-bas, elle s’inscrit dans une formation de santé dans laquelle elle se spécialise en aide soignante, infirmière et soignante de malades mentaux. Elle boucle sa formation en études de produits pharmaceutiques après laquelle elle a commencé à travailler à son propre compte. Dès lors, l’idée de créer quelque chose lui est venue, après la mort de deux patients qu’elle suivait et qui devraient utiliser des pompes à insulin. «J’ai commencé à créer un truc et du coup, c’est devenu quelque chose », s’étonne-t-elle.
Elsa, comme ses camarades ou amis d’enfance l’appellent, dit avoir appelé, après son premier essai, son ami qui est avocat pour lui annoncer son invention. «J’ai créé un truc mais je ne sais vraiment pas si ça marche ou pas », lui confie-t-elle. Après cette confidence à son ami, Elisabeth contacte ceux du brevet qui lui ont demandé d’écrire. «Quand j’ai écrit les conclusions et envoyé, ils ont dit bravo ! », relate Elsa. C’est ainsi que deux ans après, ils conclurent que cette invention qu’Elisabeth vient de mettre à jour n’a jamais existé dans le monde. Ce qui lui donne le droit d’obtenir un brevet de propreté en septembre 2025.

Mais quel est ce vêtement qui va aujourd’hui aider des millions de patients dans le monde ?
Dénommé OKE, l’invention de Elisabeth K. Ouélé est une marque de vêtements qui facilitent le quotidien des personnes utilisant une pompe à insuline, que ce soit pour la maladie de Parkinson, le diabète ou d’autres affections. Ses vêtements offrent une plus grande liberté aux personnes souffrant de troubles cognitifs tout en assurant la sécurité de celles qui se déshabillent souvent involontairement. C’est pourquoi, la première catégorie de personnes intéressées par ces vêtements est celle qui souffre des maladies chroniques dont la prise des médicaments nécessite une pompe. «Les pompes sont intégrées dans l’habit si bien que tu peux la cacher sans que personne ne soit au courant que tu portes une pompe », explique-t-elle. Quant à la deuxième catégorie, elle concerne les fous qui aiment se déshabiller. «Quand tu portes mon produit, tu ne peux plus te déshabiller au hasard et quand les gens te vois ils ne peuvent pas savoir que tu es fou. Puisque tu ne te déshabilles plus », ajoute Elisabeth.
L’idée de la marque, selon elle, est de faire en sorte que si les patients la portent ils ne sont pas distinctifs comme les habits des malades à l’hôpital . «Cet objectif je l’ai vraiment atteint et j’en suis fière », se réjouit Elsa.

Cette invention a valu deux prix pour Elisabeth K. Ouélé
A la suite de cette prouesse, les autorités autrichiennes ont reconnu le mérite de Elisabeth K. Ouélé. Elle a reçu le prix de l’inventeur de l’année 2025, le 04 décembre à Tyroler en Autriche. Le même jour, alors qu’elle recevait ce prix, un autre jury composé de cinquante experts se réunissait à Vienne en Autriche pour le prix du meilleur business. Et parmi milles candidats, Elisabeth K. Ouélé figure parmi les cinq premiers et décroche le 4e prix.
Pour elle, c’est une grande fierté. «Le 04 décembre 2025 était vraiment un jour fantastique pour moi. Les gens ont dit qu’ils n’ont jamais vu ça. Quelqu’un qui gagne deux prix différents le même jour, à la même heure, dans deux jurys différents », se réjouit l’inventeur.

A l’en croire, le fait d’avoir eu la chance d’appartenir à deux civilisations.différentes l’a beaucoup aidé. «C’est une chance pour moi d’être éduquée par deux civilisations : le Burkina Faso et l’Autriche. Je remercie mes parents depuis Tiébélé d’où je viens et aussi mon pays d’accueil», reconnait-elle. Après le brevet et les prix, maintenant place au travail. Car Elsa promet de rendre sa marque disponible dans tout le monde entier où le besoin se fait sentir. Aujourd’hui OKE, accessible sur https://www.oke-mode.com, est une première mondiale en matière de vêtements pour les personnes qui portent des escarpins . «Avec sa boutique en ligne et ses projets d’ouverture de magasins, cette marque de mode innovante ambitionne de toucher un public encore plus large et de démontrer que la mode peut être bien plus qu’un simple objet esthétique : elle peut transformer des vies».
Par Abatidan Casimir Nassara

